L’Été


« Tu seras volcanique, tes jours seront secs et chauds, souvent liés à des orages. »

Le sable fin et blanc est assailli. Des milliers de pieds le foulent. Des parasols sont plantés dans chair, créant de l’ombre sur son immortalité. La mer turquoise l’embrasse par intermittence. Leur amour éternel est envahi par des centaines de corps étrangers. Le Soleil étincelle de toute sa splendeur, offrant une canicule suffocante aux terrestres. Sur des rochers couverts de poussières et d’algues, un homme observe la scène au loin.

« Tes jours prendront fin tardivement. »

Le temps est toujours au beau fixe, le ciel pâli imperceptiblement le temps s’écoulant. Aucun vent ne souffle. L’air oppressant et lourd a pris place. Les aiguilles de l’horloge tournent sans se soucier du monde. Les vacanciers baignent dans l’eau pure, insouciants. Des marchands vagabonds à leur tour sur le sable fin, se faufilant entre leurs semblables et les hélant. La soirée est là, le temps est à peine plus clément et frai. Un orage se prépare au loin, dans quelques heures il se déchirera sur la ville portuaire.

« Ton ciel sera d’un bleu cristallin, ton Soleil brillera de mille feux et ton ombre sera bénie. »

L’homme s’allonge, regardant au-delà de l’horizon sacré. Sa peau basanée se nourrit, tel un charmeur de serpent, de l’astre solaire et de ses rayons joueurs. Ses yeux bleu vifs jugent autour de lui l’évolution du monde. Se relevant, il regarde brièvement un groupe de nageur tenter de percer les mystères de la mer, sans succès. Ses cheveux mi-longs blond bouclés sont en batailles. Délavé par le sel marin, ils sont encore trempés de sa baignade interrompue par la populace.

« Tu seras « Été ». »

L’adulte se met debout, prenant garde à ne pas glisser. Ils se dirigent vers un amas escarpé et dangereux de rochers. Les baigneurs sont de moins en moins nombreux, le Soleil débutant enfin son retrait. Le basanée s’assoie. Devant lui, l’entrée d’une grotte sous-marine, autant noyée sous l’eau que l’obscurité. Les vagues forment une douce mélodie, s’échouant sur son amante le sable. Les bruits de la populace se font lointain, très lointain, quittant l’homme. La noirceur de la nuit avale son monde, et, sans un mot il se laisse tomber dans la grotte. Aucune bulle d’air, traces de plongée ou d’homme  ne percent la surface. Il n’y a déjà plus rien sur l’amas de rocher, excepté la chaleur qui s’en dégage.

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