PYROMANE – CHAPITRE 9

Une clef tourne dans la serrure. Un soldat, à l’allure frêle et jeune, s’avance au centre de la salle d’observatoire. L’ombre de son binôme s’étend depuis la porte ouverte. Béatrice agit avec vitesse et précision. Elle repousse le battant en métal sur le second ennemi, puis désarme le premier d’un coup de pied. Il se jette sur elle.

Béatrice l’entraine dans sa chute, comme elle l’a appris au judo. Ils se battent à même le sol pour obtenir le dessus à coups de poings et de ruades. Béatrice réussit à s’enrouler dans le dos de sa victime. Elle l’immobilise en l’étranglant, comprimant les carotides aux pulsions effrénées de son biceps et son avant-bras, et bloque le bas du corps mince de ses cuisses.

Il s’arc-boute, frappe et griffe Béatrice. Ses yeux se révulsent avant qu’il ne perde en force et s’évanouisse. Béatrice se dégage de son poids mort. D’une roulade, elle atteint l’arme qui a volé tout au fond de la pièce. À peine se repositionne-t-elle face à la porte que le second soldat en jaillit, le nez en sang et une dent en moins.

Ils se menacent de leur arme respective, leur poitrine s’élevant sous une respiration forte. Béatrice se stabilise mieux, posant un genou à terre. Le soldat observe son camarade inconscient, une peur brille derrière ses yeux bleus.

« Le gaz soporifique aurait dû te neutraliser ! »

Béatrice réfléchit à toute vitesse.

« Où suis-je ? siffle-t-elle en espagnol, avant de se répéter en français.
— Perpignan. »

Le visage du soldat se froisse sous l’incompréhension. Son uniforme noir, au bandeau blanc à la lettre gamma cousue en rouge, ne dit rien à Béatrice. Aucun mercenaire n’a cet attirail. Elle secoue sa tête, comme pour remettre en place ses idées. Je suis de retour à Perpignan… Comment ? Une cacophonie de sons vrille à ses tympans. Un instant, elle se croirait presque en cellule.

« Gaz… t’as parlé d’un gaz. »

Le soldat déglutit et, du canon de son Sig-Sauer, pointe le plafond. Une trappe a été mal refermée. Close, elle serait imperceptible. Béatrice se recentre sur son adversaire. Un froid grignote ses sens, alors que la nausée gravite le long de ses entrailles et de sa gorge.

« On n’a jamais voulu ça, Protectrice. »

Le sang de Béatrice se glace. Elle crache du sang. Ses oreilles bourdonnent, tandis que des taches noires polluent sa vision. Un vertige la submerge. Elle manque de lâcher son arme, mais se ressaisit à la dernière seconde. Focus, ma vieille ! Je dois trouver ma cible. C’est sûrement un moyen de… de…

Ses pensées s’embrouillent.

« Barrez-vous, leur ordonne-t-elle.
— Si on te laisse filer, nos familles le paieront. »

Béatrice déglutit, un goût âcre ne la quitte pas.

« Y a des caméras ? bafouille-t-elle. Des renforts ? »

Il agite sa tête par la négative.

« Déséquipe-toi et glisse le tout vers moi.
— Non ! »

Le soldat raffermit sa prise sur son arme. Son expression, Béatrice l’a vu des milliers de fois. Elle-même la porte fréquemment à cause du Jeu. Je ne suis pas à Perpignan ! L’odeur de savon chatouille ses narines. Esméralda l’attend.

« Elle n’est plus, mój kot… »

Béatrice cherche Misha, sans succès. Une hallucination auditive. Ce n’est que ça !

« Quoique soit ton plan, ils le comprendront ! Je… Je refuse de risquer les vies de ma femme et nos filles ! »

Le soldat se détend brutalement, arme baissée. Un vent chaud atteint Béatrice, qui ne retient pas un hoquet de stupeur. Une magie puissante pénètre ses os, efface ses peines et la revigore. L’image d’un oiseau au long bec l’apaise.

« Retrouve le Chien, Chasseuse. »

La voix éthérique disparaît en même temps que le vent.

« C’était quoi ça ? »

Béatrice ne répond pas au soldat. Elle s’élance et le frappe de plein fouet. Sa vitesse la surprend autant que sa force renouvelée. Merci les tlalmiqui, suppose-t-elle. En une série de prises, elle désarme et maîtrise le soldat.

« Tu ne comprends pas ! se débat le soldat. Ma famille et moi paierons le prix ! »

Sans ciller, Béatrice saisit son camarade inconscient et menace de le tuer.

« Non ! Ne fais pas ça, Louis n’a que dix-huit ans, supplie le soldat.
— Déséquipe-toi, enlève ton uniforme et approche-toi lentement, très lentement, avec tes menottes. »

Il s’exécute, rangeant son arme dans son holster de cuisse. Ses doigts tremblants défont les boutons de sa veste puis de sa chemise. Il ôte ses chaussures, puis hésite les pouces sous l’élastique de son pantalon à la ceinture défaite.

« Garde ton caleçon.
— Ne tire pas.
— Mon doigt est hors de la détente, le rassure-t-elle.
— Ton regard… »

Le soldat ne retient pas un frisson. En sous-vêtement, il la rejoint d’un pas mesuré.

« Glisse les menottes jusqu’à moi. »

Leur métal racle le béton du sol.

« À genoux, les mains dans le dos. »

Béatrice l’attache, dos à son binôme pour croiser les chaînes des menottes entre elles. Les radios des soldats grésillent avant qu’une voix déformée n’en sorte :

« Papa, papa, de Mike. Avez-vous récupéré le colis ?
— Vous n’êtes pas entrainés comme des soldats, mais l’un de vous connaît les bases, souligne Béatrice. Combien de temps avant que la cavalerie ne rapplique ?
— Trois minutes max.
— Hum… Bonne chance avec ta famille. »

Elle les bâillonne, lui et son binôme, en fredonnant l’air de Ira Tenax. Ses gestes ralentissent en prenant conscience de son holster vide. Avant, elle n’avait pas fait cas de ses propres affaires, prise par les évènements. Pourquoi je ne suis pas habillée comme en prison ? Le Serpent m’a amené ici, je-ne-sais-trop comment. Si j’avais été téléportée comme dans les films qu’affectionnent Aro, je ne devrais pas être en civil.

Ses habits s’entassent à ses pieds. En sous-vêtements, elle se recouvre de l’uniforme morbide et s’équipe. Le poids des Sig-Sauer, sécurisés à ses cuisses, la rassérène, là où la texture lourde du tissu l’irrite. Aro, Marcus, Reiju, où que vous soyez, je vous retrouverai après avoir sauvé Esmé ! Cette promesse la galvanise, étouffant cette sensation d’étrangeté qui colle à sa peau.

Une fois le trousseau récupéré sur la serrure de la porte blindée, Béatrice s’enfuit.

Le couloir vire à gauche. Une porte vitrée donne sur la pièce adjacente à celle où elle s’est réveillée. Juste à côté, des masques à gaz avec des cartouches d’oxygène trônent sinistrement sur une étagère. Au loin, l’écho de rangers l’invite à se dépêcher.

Un plan se profile rapidement dans son esprit. Elle enfile un masque et essaye une clef au hasard pour entrer dans la chambre à gaz. Un son de satisfaction franchit ses lèvres lorsqu’elle tourne. Bien vite, un hoquet roule dans sa gorge.

Son rythme cardiaque ralentit. En vingt-cinq ans d’existence, elle a vu des milliers de cadavres. Aucun n’a connu une telle fin. Le traité Thessalonique, en plus d’acter la fin de l’Apocalypse, interdit la création et le stockage de gaz nocifs. Tous les stocks ont été détruits au fil des ans. Quelques incidents ont eu lieu malgré tout, au prix de la vie d’innocents.

Béatrice contourne une chaise renversée, veillant à garder de vue la porte fermée. Du bout de sa botte, elle bouge la main d’un gazé. Qu’est-ce qui se passe ici ? Des idées aussi surréalistes que sa situation s’échafaude dans son esprit. Peut-être que Perpignan joue en même temps que Tijuana ? Tlazolteotl a besoin que je tue quelqu’un ici pour l’aider à gagner ? Ça n’a pas de sens !

Le rire d’Esméralda la réchauffe de l’intérieur.

Elle m’attend. Béatrice dépasse une femme tenant son bébé. Bien qu’idiot, elle ne contrôle pas son réflexe et vérifie le pouls de la mère. Elle retire sa main, les yeux écarquillés et les épaules tendues. Sous la pulpe de ses doigts, un battement de cœur l’a pourchassé. Elle examine les gazés les plus proches, tout en veillant à ne pas être visible de la vitre sans tain.

La bouche asséchée, elle humidifie ses lèvres.

« Ils vivent tous… »

Comment ? Reiju aurait adoré étudier ce phénomène. Aro aussi. Dieu, je T’en supplie, veille sur ma famille. Elle musèle son imagination, refusant de superposer les visages aimés sur ceux déformés des gazés.

Un système de ventilation s’active, accompagné par le fracas d’engrenages qui s’enclenchent. La pièce tremble. Le mur à la droite de Béatrice s’élève. De la poussière en suit le mouvement, déferlant telle une vague grisâtre. Le raffut camoufle presque les pas lourds d’une créature repoussante.

« Putain. »

Une chair livide recouvre l’être famélique. Les os saillants menacent d’en percer la finesse. Des touffes de cheveux gris disparates dansent le long des bras inhumainement allongés. Ses mains, aussi grandes que les avant-bras de Béatrice, traînent par terre et butent sur les gazés.

Le squelette géant se penche, son crâne et le haut de son dos raclent le plafond. Un rideau continu de petits gravats pleut autour de lui, camouflant par intermittence ses orbites vides et son os nasal. Sa mâchoire inférieure se baisse, révélant l’absence de langue, puis se ferme. Ses dents étrangement parfaites claquent.

Il s’immobilise.

Béatrice se tient prête à fuir, quitte à tomber dans les bras de ses poursuivants. Elle préfère se battre contre des humains. Il existe bien des façons de les vaincre. Une créature magique ? Ses options se réduisent drastiquement – et encore, la plupart nécessitent de l’argent comme pour les lamies. Comment je sais ça ? La peur tord ses tripes et contracte ses muscles.

Un râle soulève et abaisse la cage thoracique disproportionnée du monstre. Il tend ses doigts tordus vers les gazés, pour les entasser un à un au creux de ses bras. Six, putain, de phalanges. Béatrice recule. Du grabuge lui parvient du couloir. De sa radio au volume baissé presque au maximum, quelqu’un signale son évasion.

Le monstre ne réagit pas et continue d’empiler hommes, femmes et enfants. Il s’en va par le mur soulevé. Béatrice hésite. En le suivant, trouvera-t-elle sa cible ? Ou se mettra-t-elle encore plus en danger ? Les soldats ont été faciles à maîtriser grâce à mon expérience et de la chance.

Elle ne sait pas où elle est exactement. Pourquoi Perpignan ? Qu’est-ce Tlazolteotl gagnera à me faire tuer quelqu’un à l’autre bout du monde ? À qui peut-elle se fier ? Son instinct la somme de fuir, loin et vite. Comme si Aro et Marcus l’attendaient quelque part dans ce labyrinthe souterrain.Un doute la brise. Sont-ils ici ?

Merde, merde, merde !

Ses pères et son frère sont quelque part dehors. En vie ? Mort ? L’absence de certitude l’ébranle. Focus-toi sur Esméralda. Elle t’attend. Ensemble, on les cherchera ! Cette idée l’aide à surmonter sa paralysie. Elle n’a pas le droit de lâcher. Pas maintenant. Ni jamais !

Béatrice s’élance à la poursuite du squelette.

Dos à la chambre à gaz, elle étudie le couloir révélé. À sa gauche, tout au fond, une cellule est vide. Quelques mètres sur sa droite, une arche ouvre la voie. Elle redouble de prudence, avançant dans l’inconnu. Telle une ombre, elle longe le mur de pierre et s’arrête à l’ouverture.

Depuis sa position, elle découvre en partie une salle de triage et une autre ouverture. Le squelette aligne les gazés sur des tables de consultation. Béatrice en décompte cinq de ce côté-ci. Devant chacune d’elle se tient une personne aux vêtements gris. Ces prisonniers portent un collier, où une lumière rouge clignote. Comme les gazés qu’ils commencent à examiner, ils ont l’air affamés et épuisés.

Béatrice s’écarte. L’un d’eux l’a vu. Elle ôte son masque et s’arme. Le poids du Sig-Sauer ravive sa confiance usuelle. Malgré l’incertitude de pouvoir tuer les monstres qui se présenteront à elle, elle sait qu’une balle pourra au moins les ralentir.

« Tu peux entrer, l’invite une femme à l’accent catalan. Tu es toute nouvelle, non ? »

Merci ma bonne étoile. Béatrice appuie son arme le long de sa cuisse, avant de s’avancer. Un faux sourire étire la commissure de sa bouche. Une soldate lui souhaite la bienvenue. Béatrice remarque que la lettre gamma de son brassard est bleue.

« T’as porté un masque alors que t’es une Changée ? grimace la soldate. Oh… J’suis bête ! Ça doit être un réflexe après ton gazage !
— Comment ?
— Ton brassard, idiote. »

La soldate lui donne un coup de poing taquin dans l’épaule. J’vais me la faire…

« J’oublie à chaque fois, tu sais, c’est… tout nouveau, ment Béatrice.
— Ah ! Ma pauvre. »

Elle humidifie ses lèvres et lui révèle sous le ton de la confidence :

« Ma radio est pétée. T’as des nouvelles ? Le Serpent a prévu tellement de trucs ! Je l’ai entendu en parler avec Hoffman. C’est un con, celui-là d’ailleurs. Tu trouves pas ?
— Très, grimace Béatrice.
— Merde, vous êtes potes, désolée, désolée. Entre Changés, ça se comprend. »

La soldate sort une boîte de chewing-gum et lui en propose avant d’en mâcher un. Le squelette finit de déposer les gazés et repart.

« M’enfin, c’est un génie. Hoffman a senti que les potes de la Protectrice n’étaient pas morts. En vrai, quel foutoir ! »

Elle claque sa main contre Béatrice, esquivant de peu sa poitrine.

« Ces mecs ! s’extase la soldate. Maman, ils sont sexy et rusés ! Faire exploser un bâtiment et y laisser des cadavres cuits à point. C’est… c’est… c’est mouah ! »

Elle mime un baiser. De qui parle-t-elle ? Un mauvais pressentiment la taraude.

« Dommage pour eux, Hoffman a le nez ! »

Elle pouffe, comme si ses propos contenaient une plaisanterie. Béatrice rit jaune, forçant ses fossettes à ressortir.

« Le nez, t’as saisi ? se mousse la soldate. Vous, les Changés, vous avez un de ces flairs ! Et… Tu peux me le dire ? »

Béatrice fronce des sourcils.

« Te dire ?
— Quel type t’es ? Vampire ou loup-garou ? »

Le sang de Béatrice se glace dans ses veines.

« Je te laisse deviner, ce serait triste de gâcher ton plaisir.
— Je sais comment ! Regarde. »

Les prisonniers voûtent leurs épaules à l’unisson. La soldate ricane et ramasse une tablette posée à ses pieds. Une GRiDPad ? Avant que Béatrice ne s’attarde dessus, son interlocutrice tape l’écran avec le stylet relié par un fil.

Un prisonnier hurle et tire sur son collier. À chaque bip qui en émane, l’homme supplie pour sa vie. Le son aigu s’accélère jusqu’à devenir continue et cesser abruptement.

« Non ! »

La tête du captif explose.

« Bordel !
— Alors, tu préfères lécher le sang ou bouffer la carcasse ? »

Béatrice ne répond pas et la braque.

« Qu’est-ce tu branles ‽
— Comment on sort d’ici ?
— Bute-moi, j’dirai rien ! Vive Ahmès ! À bat- »

La soldate sursaute sous l’impact de la balle. Un filet de sang s’écoule de son front à sa bouche. Elle tombe à genoux puis s’écroule. Béatrice se tourne vers les captifs médusés qui reculent.

« Y a d’autres surveillants ? »

Une femme s’avance. Sous les néons, les yeux gris clair luisent tels des joyaux. Ils complètent un visage en forme de cœur, émacié par la faim, et rehaussent la peau ébène. Elle enjambe le cadavre du prisonnier.

« Qu’elle, croasse-t-elle.
— Ok… Je… »

Trop de questions la submergent.

« Le Chien… Allez voir le Chien, la conseille la prisonnière. Vous… vous êtes la Protectrice, non ? »

Béatrice fronce des sourcils. La femme pointe la salle suivante, avant de se rattraper à une table. Son teint verdâtre s’empire. Ses camarades d’infortune l’ignorent et reprennent leur travail. Dix sur dix pour la cohésion ! Béatrice épaule la trieuse mal en point.

Trop de doutes jonchent son chemin, pourtant elle n’arrive pas à l’abandonner. Esmé me féliciterait. Une impatience taraude son être. L’absence d’Esméralda la pèse tout autant que celle de sa famille. La femme mal en point l’arrête d’un geste faible.

« La tablette… Prenez-là. »

Béatrice range son arme et récupère la GRiDPad. En fredonnant l’air de Ira Tenax, elle les conduit à la salle adjacente. Son esprit trébuche, tandis que son corps avance. Le Serpent. Le brassard. Les gazés vivants. Cette soldate. Putain, ça ne colle pas. Rein ne colle !

Sous l’expression médusée de la trieuse, Béatrice se mord la lèvre. Violemment. Juste pour sentir, être sûre. Sa confiance en ses sens s’amenuise. Et s’il s’agissait d’une épreuve de Tlazolteotl ? Les paroles des tlalmiqui bourdonnent à ses oreilles.

« Votre amour vous protège. Votre lien est la clef de votre survie. Tlazolteotl n’usera pas de ses illusions sur vous, tant que vous vous tiendrez à l’écart. Elle vous offrira même de quitter le Mexique, si votre Protectrice échoue à la tuer. »

Esméralda et elle ont suivi à la lettre leur conseil. Pourtant une lamie les a attaquées ! Pire, Tlazolteotl lui est apparue sous la forme d’un cobra. Pourquoi un cobra ? Ça ne correspond pas à la mythologie aztèque, mais plus à celle égyptienne.

Le danger omniprésent la contraint à interrompre ses réflexions. Un monte-charge vide prend quasiment l’intégralité du mur à sa droite. Des prisonniers endormis sont attachés à sa gauche. Une porte fermée l’empêche de voir la pièce suivante. Combien il y en a ?Béatrice aide l’inconnue à s’assoir par terre. Celle-ci geint, une douleur pulse sous son visage.

« Ça va aller, la rassure-t-elle. Vous pouvez ? »

Elle effleure son cou, avant de chuchoter :

« Candice Tran. 
— Beatriz Romano, répond-elle par réflexe.
— Non… »

Candice désigne la GRiDPad.

Ah ! Béatrice s’en saisit et farfouille. Les personnes qui les ont enregistrés ne se sont pas emmerdées avec un matricule ? Le logiciel est assez intuitif. En deux tap tap du stylet, elle désactive et retire le collier explosif. Candice frotte sa gorge, des larmes perlant sur ses cils.

« Le Chien. Il est là… »

Ça m’arrange d’être guidée, mais mon petit doigt me dit qu’elle a un autre but. Candice déglutit, les lèvres pincées, et essuie son front d’une main tremblante. Béatrice reste agenouillée, mille et une question creusent sa langue. Que gagnerait-elle à m’envoyer au casse-pipe ?

« Qui est le Chien ?
— Un ami… précieux, souffle Candice. Écoutez-le. »

Elle tousse.

« S’il vous plaît… Il est la clef… La clef pour qu’on sorte. »

Rien que ça, hein ?

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